Les rois guérisseurs

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Les rois guérisseurs

Message par NaturAdmin le Ven 12 Sep 2014 - 15:43



LES ROIS GUÉRISSEURS

Les rois de France avaient-ils un pouvoir de guérison ? La tradition l'affirme, des documents l'attestent et des historiens le confirment. Quelle est l'origine de ce pouvoir ? Quand et comment leur fut-il donné ?

                   
Guérison des écrouelles

C'est par la grâce d'un pouvoir divin que les rois détenaient le privilège de guérir certaines maladies. Chaque souverrain avait sa spécialité. Ainsi, depuis Edouard, les britanniques guérissaient l'épilepsie. Les rois d'Espagne délivraient les possédés tandis que les rois de Hongrie faisaient disparaître la jaunisse et les rois de Bourgogne éloignaient la peste.
Quant aux rois de France, ils avaient le don de guérir les écrouelles, maladie pratiquement oubliée aujourd'hui. Elle se manifestait par des abcès d'origine tuberculeuse qui se forment sur les ganglions du cou. Suivi de sa cour, le roi avançait vers les malades alignés et anxieux. Avec deux doigts de sa main droite, il traçait sur chacun un grand signe de croix du front au menton et d'une oreille à l'autre. Il n'utilisait aucune potion, aucun filtre ; ce simple toucher suffisait. La tradition attribuait ce pouvoir de guérison à Saint-Maclou, qu'on appelle aussi Clou ou Marcou. Ce Saint -s'il a réellement existé – avait la réputation de guérir les maladies de la peau et plus particulèrement les écrouelles.
 
D'après Saint Thomas d'Aquin cette prérogative remonterait à Clovis. Pour d'autres historiens, elle serait née au XI ème siècle et pour d'autre encore à Saint Louis. Ce que nous savons avec certitude, c'est que tous les rois de France depuis Jean le Bon jusqu'à Louis XIV pratiquèrent ces guérisons. Plus près de nous, après la révolution, le roi Charles X imposa ses mains à plus de cent malades dans un hôpital le 31 mai 1825. Cette cérémonie mit un terme à cette vieille tradition car depuis cette date aucun souverain européen n'a publiquement affirmé son pouvoir et pratiqué une séance de guérison.

                   
Clovis et la Sainte Ampoule

En 493, Clovis, roi des Francs, épousa Clothilde, la fille de Chilpéric, roi des Burgondes. Cette princesse était catholique convaincue. Pour sa part, Clovis pratiquait le culte des dieux Ziu, Wotan et Freia ( divinité celtes) et ne se privait pas de piller les biens des chrétiens. Mais sur l'insistance de Clothilde, il se convertit à la religion du Christ. Cet événement influença toute l'histoire de notre pays. Dès lors l'histoire et la légende se mêlent étroitement.

Celle-ci n'attribue pas la royale conversion à l'insistance de Clothilde mais à une victoire miraculeuse. Alors qu'il se battait contre les Alamans à Tolbiac, sa défaite semblait inévitable. Il fit alors une prière : « Dieu de Clothilde, toi qu'elle affirme être le fils du Dieu vivant, si tu me donnes la victoire, je croirai en toi et me ferai baptiser ! » Immédiatement les Alamens fuient en désordre et Clovis vainqueur assure son autorité sur une grande partie de la Gaule... avec le soutien de l'Eglise. Le 25 décembre 496, l'évêque Rémi attend Clovis près de baptistère de la cathédrale de Reims. La piscine dans laquelle le nouveau chrétien doit être plongé trois fois est merveilleusement ornée. Des parfums et des cierges odoriférants imprègnent tous les assistants d'une « odeur divine ». La scène a été décrite au IXème siècle par l'archevêque de Reims, Hincmar : « Comme Rémi et Clovis arrivaient au baptistère, le clerc qui portait le chrême fut arrêté par le peuple, en sorte qu'il ne peut parvenir à la fontaine baptimale. A cette fontaine bénite par la volonté divine, il manquait le saint chrême. Et comme la foule empêchait l'entrer dans l'église ou d'en sortir, le saint pontife, levant au ciel les yeux et les mains, se mit tacitement à prier en répandant des larmes. Et soudain, une colombe plus blanche que la neige apporta dans son bec une petite ampoule pleine de saint chrême dont l'odeur suave, bien supérieure à celle de l'encens et des cierges, frappa tous les assistants. Le saint pontife ayant pris cette petite ampoule, la colombe disparut ».

Après avoir été baptisé avec ses deux soeurs et trois mille de ses guerriers, Clovis reçut sur le front l'onction du « saint chrême miraculeux ». Ce signe divin fut pendant mille ans un argument politique pour les rois de France et la base de la cérémonie du sacre qui donnait un caractère sacré à la fonction royale. La sainte ampoule fut utilisée jusqu'à la révolution, mais le 7 octobre 1793 un conventionnel la brisa à grands coups de marteau. Les débris furent mêlés à d'autres huiles. Il font partie du trésor de la cathédrale de Reims.

                   
Rois et thaumaturges

En Orient comme en Occident, la fonction royale est un lien vivant entre le spirituel et le temporel. Le roi est un trait d'union entre Dieu et les hommes. Il est un chef politique, mais il est aussi un prêtre et un magicien qui détient la connaissance. Sans remonter à l'Egypte antique où les pharaons étaient détenteurs de pouvoir royaux et sacerdotaux, citons le plus célèbre roi-prêtre, le mystérieux Melchisédech. Dans son épître aux hébreux, Saint Paul le nomme : « Roi de Salem et prêtre de Dieu Très haut ». Le premier sacre connu est celui de Saül. Lors de la naissance du Christ, des « rois mages » le reconnaissent comme roi et maître spirituel. Partout le roi représente la puissance divine qui lui délègue des pouvoirs surnaturels, ce qui lui confère une puissance magique redoutable que longtemps les peuples ont reconnu et accepté. Aussi, est-ce avec confiance et humilité qu'ils se présentaient devant les rois guerisseurs depuis l'antiquité.

S'agissait-il de « guérisons miraculeuses » ou de chocs psychosomatiques engendrés par l'émotion ressentie en présence du Roi de France et de la grande confiance en ce personnage ? Il est vrai que « la foi peut soulever des montages » et les malades à qui les écrouelles furent guéries avaient la foi. Ils croyaient en Dieu et en leur souverain.

Le souverain croyait aussi en sa mission et en son pouvoir... du moins jusqu'à une époque relativement récente. C'est sans grande conviction que le 31 mai 1825 Charles X procéda à la dernière cérémonie de « guérison des écrouelles ». le rois, semble-t-il, doutait de sa légitimité et craignait les moqueries de ses libéraux. Il pensait que le peuple croyait moins au pouvoir miraculeux de la main royale. Il n'eut pas devant lui 2500 malades comme en avait reçu Louis XIV dans une journée. Accompagnée de son chirurgien Dupuytren, il s'approcha timidement des 121 scrofuleux qui, eux, croyaient en lui. Mais Charle X était bien loin d'avoir l'assurance de ses prédécesseurs. Il accomplit sans conviction les gestes rituels, puis, comme pour s'excuser, il se retira sur ces paroles de doute qu'il adressa maladroitement aux malades : « Mes chers amis, je vous ai apporté des paroles de consolation ; je vous souhaite vivement que vous guérissiez »... Cependant le chirurgien Dupuytren constata plus tard que sur les 121 malades touchés par le roi, 5 avaient été définitivement guéris.

Ainsi se déroula la toute derniere cérémonie des rois guerisseurs et depuis, plus aucun d'eux n'as fais valoir ce pouvoir divin.

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Re: Les rois guérisseurs

Message par Galiane le Dim 14 Sep 2014 - 11:25

C'est super intéréssant ce sujet, je ne savais pas du tout que le don de guerisseurs était donné aux rois par droit divin. Dommage qu'on ai pas pus faire d'études sérieuses sur les malades pour vérifier si leur guérison était dù à un effet placebo, ou aux séances de guérison des rois. Il existe tellement de choses surprenantes dans ce domaine, comme par exemple les guérisons spontanées ou bien les miracles de lourdes...

En tout cas moi je crois aux pouvoirs de l'esprit et à l'auto-guérison. Mais à condition d'avoir la foi et de la volonté.

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Re: Les rois guérisseurs

Message par Yoda le Dim 14 Sep 2014 - 11:43

Comme le dit Galiane, je pense plutôt à une guérison par effet placebo vu qu'à l'époque, les croyances étaient beaucoup plus haute que maintenant. Ces malades étaient certainement persuadés de guérir par la main du roi et donc, ça c'est accomplis. Pour la dernière séances de guérison, en 1825, je suppose que les gens avaient déjà beaucoup moins fois en tout ça et, le fait que le roi était hésitant n'as fait qu'empirer la chose. Pas étonant que ça n'est pas aussi bien fonctioner dans ce cas...

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