Le Calendula ( ou Souci des jardins)

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Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par Kiwi le Ven 27 Mai 2016 - 9:01



LE CALENDULA
(ou Souci des jardin)


Nom commun : Souci, souci des jardins, souci officinal, calendule

Nom latin : Calendula officinalis

Famille : Asteraceae

Constituants (baies) :

Triterpènes (particulièrement abondants) : alpha et béta-amyrine, arnidiol, faradiol, ursadiol, etc.
Flavonoïdes (0,3 à 1,5%) :quercétine, isorhamnétine, rutine, etc.
Acides-phénols
Caroténoïdes : lycopène en particulier mais aussi lutéine, etc.
Coumarines
Saponosides (entre 2 et 10% selon la variété et l’époque de récolte)
Polysaccharides
Huile essentielle en faible quantité (2 à 3 ml par kg)

Goût :
Résineux, Amer, Douceâtre

Energétique :
Réchauffante, Asséchante

Utilisation du souci

Régénérateur de la peau

Les petits problèmes de peau arrivent fréquemment : coupure, griffure, éraflure, brûlure, piqûre d’insecte, morsure, etc. Le souci n’a pas son égal pour ces situations car il agit en 3 temps :

Il désinfecte, son action est à la fois antibactérienne (Parente, 2012) et antifongique (Efstratiou, 2012).
Il calme l’inflammation (Preethi, 2009)
Il stimule la régénération cellulaire.
Ce troisième point est particulièrement intéressant. Alors que de nombreuses médicinales se contentent de désinfecter, le souci permet à notre corps de fabriquer plus de tissus, et des tissus de meilleure qualité afin de rebâtir la zone endommagée. Il permet aux fibroblastes de fabriquer du collagène et des protéines de construction d’une manière plus rapide (Parente, 2012).

Cette propriété s’applique à tout type de tissu. Prenons l’exemple d’un tendon. Une étude démontre qu’une crème au souci augmente non seulement la concentration de collagène et d’autres protéines constitutionnelles dans un tendon d’Achille endommagé, mais aussi l’organisation du collagène (Aro, 2015). Grâce au souci, les tissus sont mieux structurés pendant la phase de réparation.

Comme démontré par cette étude, le souci peut donc agir sur les tissus localisés sous la peau lors d’un choc ou d’une contusion, et peut très bien s’associer à des plantes comme la consoude afin de consolider os, cartilage, nerfs, tendons, etc.

Dans les cas de plaie, le souci est particulièrement indiqué lorsqu’il y a production de pus (ref : Wood), la plante va empêcher l’infection et l’inflammation de s’étendre et va diminuer la douleur. Elle va aussi stimuler l’évacuation des déchets infectieux au travers du système lymphatique (voir plus bas).

Dans les cas de problèmes chroniques de type eczéma ou psoriasis, le souci est efficace mais il doit être utilisé sur le long terme, tous les jours en application externe, et en association à d’autres mesures en interne pour aller à la source du problème.

Pour tout problème de peau, le souci s’associe bien au plantain et/ou au millepertuis. Pour les problèmes de tissu sous-jacent, le souci s’associe bien à la consoude et/ou à l’arnica.

C’est une plante à avoir à la maison sous 2 formes : la teinture et le macérat huileux.

A l’extérieur, elle fournit un excellent topique pour le pansement des plaies, des engelures ulcérées, des brûlures dont elle hâte la cicatrisation. Dr. Henry Leclerc

Ce que le souci fait sur la peau, à l’extérieur du corps, il le fait aussi sur les muqueuses, à l’intérieur du corps. Pensez au souci pour tout problème de muqueuse abimée et ulcérée :

Système digestif et respiratoire :
Gingivite, aphtes
Pharyngite
Angine (combiné avec la teinture de myrrhe et d’échinacée)
Oesophagite
Ulcère gastrique ou duodénal
Colite
Autres muqueuses :
Vaginales (infections bactériennes ou fongiques, irritations)
Oculaires
Etc.
Là encore, le souci va désinfecter la zone, calmer l’inflammation et stimuler la régénération cellulaire. Une action 3 en 1 qui fait toute son efficacité. On va utiliser une teinture diluée pour tous ces cas, sauf pour les aphtes où l’on peut directement tamponner la teinture pure à l’aide d’un coton tige.

Afin de soulager ces zones abimées, mieux vaut prendre de petites quantités de souci plusieurs fois dans la journée plutôt qu’une grande quantité d’un seul coup. Pour ces applications, le souci s’associe bien au plantain et/ou à la racine de réglisse.

Stimulant lymphatique

Lorsque l’on combat une infection, les ganglions lymphatiques peuvent être enflés, cela indique que notre système immunitaire est très occupé à combattre un virus ou une bactérie. Ils peuvent devenir gros et douloureux. Et c’est dans ce contexte que le souci peut aider à faire circuler les choses, à faciliter l’évacuation.

La circulation lymphatique est aussi essentielle pour aider une plaie à se résoudre. En effet, le système immunitaire qui est responsable de la fonction de nettoyage a besoin d’évacuer les déchets au travers du système lymphatique. Le souci assure qu’il n’y a pas de bouchons sur cette autoroute secondaire (la primaire étant la circulation sanguine).

Pour cette application, le souci s’associe très bien à la racine d’échinacée qui est, elle aussi, un excellent stimulant du système lymphatique.

Varices et retour veineux

Maria Treben nous a vanté les mérites d’un onguent au souci pour les problèmes de retour veineux. Le souci, au travers de ses flavonoïdes, assure une protection du tissu des veines et assure une stabilisation du problème. De plus, la présence de coumarines permet une meilleure circulation.  Le souci est particulièrement indiqué lorsqu’il y a présence de varices visibles ou de varicosités, appliqué sous forme d’onguent.

Emménagogue

Le souci stimule le flux sanguin vers l’utérus afin de lui redonner sa fonction. On retrouve cette indication chez Leclerc et Cazin, des médecins pouvant se vanter d’une longue expérience de terrain.

Cette action permet de rétablir les règles lorsqu’elles ont été supprimé, ce qui place le souci dans la même catégorie que l’armoise commune, qui dans mon humble avis est plus efficace que le souci pour ce contexte bien précis. On peut bien sûr combiner les deux.

Diaphorétique

Le souci stimule l’ouverture des pores de la peau. Il facilite donc les échanges de chaleur pendant les fièvres, le mécanisme de transpiration étant essentiel pour garder la température interne sous contrôle. Il peut s’associer à la fleur de sureau (Sambucus nigra) ou aux sommités fleuries d’achillée millefeuille (Achillea millefolium).

Leclerc explique qu’il peut être substitué à la bourrache (Borrago officinalis), une autre diaphorétique classique.

Autre

Les fleurs macérées dans le vinaigre peuvent faire disparaitre les verrues.
La plante, comme beaucoup d’autres médicinales, est diurétique.
Précautions et contrindications

Il peut y avoir une réaction allergique chez la personne allergique aux astéracées. Ceci est rare. A part ceci, aucune précaution particulière connue.

Préparation du souci

Parties utilisées

Certains ne ramassent que les pétales orangés. Si c’est votre cas, vous passez à coté de nombreux constituants essentiels. Afin de pleinement bénéficier des propriétés du souci, cueillez les capitules entiers, réceptacle vert et sépales inclus. Ce réceptacle collant est riche en terpènes qui sont responsable d’une grande partie des propriétés du souci.

Coupez le capitule entier et faites sécher à plat sur une grille dans un endroit ombragé et bien ventilé. Le séchage est relativement long ce qui est normal, la fleur est grosse et épaisse. Ecrasez le coeur de plusieurs fleurs afin de vous assurer qu’il soit bien sec. En effet, très souvent, le coeur reste humide, ce qui peut entrainer une pourriture de la fleur lorsque vous la passez en stockage.

Gardez vos fleurs de souci dans des sacs en papier ou s’ils sont bien séchés dans un bocal. Notez que l’exposition à la lumière leur feront perdre leur belle couleur orangée (destruction des caroténoïdes et donc perte d’une partie des propriétés).

Teinture
Teinture des fleurs fraîches au taux de 1:2 avec de l’alcool à 90° (la meilleure préparation).
Teinture des fleurs sèches au 1:5, alcool à 65° (taux d’alcool élevé car présence de terpènes).

Infusion
Possible mais déconseillée car certains composants ne sont pas solubles dans l’eau. Ce n’est pas une préparation optimale.

Macérat huileux
L’une des meilleures préparations que je connaisse, tellement polyvalente, essentielle dans la pharmacie familiale. A partir du macérat, vous pouvez fabriquer un onguent ou une crème.
Leclerc donne la recette suivante pour l’eczéma squameux et l’impetigo
Teinture de souci : 5 g
Oxyde de zinc, lanoline et vaseline à quantités égales pour obtenir 10 g
Mélanger et appliquer un peu de pâte

Fournier donne la recette de pommade suivante :
4 à 6 g de suc frais (à l’extracteur de jus) mêlé à du beurre (600 g) ou de la graisse.

Cataplasme
De la fleur fraîche écrasée au pilon ou de la fleur sèche imbibée avec un peu d’eau chaude.

Teinture
5 à 30 gouttes jusqu’à 4 fois par jour dans un peu d’eau (ref : Moore)
30 gouttes 3 fois par jour dans un peu d’eau (ref : Corjon)
1 à 4 ml 3 fois par jour (ref : Hoffmann)
2 à 4 g par jour (ref : Valnet)

Infusion
1 cuillère à dessert dans une tasse d’eau bouillante. Infuser 10 minutes. Une tasse avant les repas. Décoction 30 g par litre (feuilles et fleurs). Ref : Valnet.
5 g de fleurs par tasse (sudorifique). Ref : Fournier.
1 à 2 g de fleurs par tasse (dépuratif et laxatif). Ref : Fournier.
20 g par litre à la dose d’un litre par jour (diurétique). Ref : Fournier.

Macérat huileux, onguent, crème, cataplasme:
Appliqué au besoin, application renouvelée 2 ou 3 fois par jour si nécessaire.


Source: Althea Provence
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Re: Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par Raysuza le Lun 10 Juil 2017 - 12:56

J'ai laissé passé ça !!!
Après avoir lu les propriétés de ce souci, je me suis précipitée au jardin pour faire une première cueillette !

Décidément, la nature est très généreuse
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Re: Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par NaturAdmin le Lun 10 Juil 2017 - 14:32

Lol Raysuza! Biensur que la nature est un magnifique trèsor. Elle fait tout pour prendre soin de nous.... comme la meilleure des mères

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Re: Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par Raysuza le Mar 11 Juil 2017 - 8:07

Je souffre d'une oesophagite chronique, ce qui m'oblige à prendre un médicament à vie, selon mon médecin. Or je vois que le souci agit aussi sur cette partie du corps.
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Re: Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par NaturAdmin le Mer 26 Juil 2017 - 10:05

As tu fais vérifier que tu n'as pas un Elicobacter Pilori?
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Re: Le Calendula ( ou Souci des jardins)

Message par Raysuza le Mer 26 Juil 2017 - 10:25

Il y a deux ans, j'ai été hospitalisée pour une douleur insuportable au niveau de la poitrine
Tous les examens ont été faits pour comprendre d'où la douleur venait
En premier lieu, les médecins ont tout de suite pensé à cet Elicobacter Pilori?
pour différents symptômes
Après 1000 et un examens, il s'est avéré que j'avais des pierres à la vésicule biliaire.
Et aussi cette horrible oesophagite chronique !
J'essaie surtout de me soigner avec les plantes que j'ai en profusion dans le jardin. Sauge, origan et autres
Pour l'instant, ça semble bon ! Attendons la suite
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