Enervation et toxémie selon Herbert Shelton

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Enervation et toxémie selon Herbert Shelton

Message par Kiwi le Sam 18 Oct 2014 - 12:02

  Énervation et toxémie selon Herbert M. Shelton    


En vertu de l'ancien concept de la maladie selon lequel elle serait quelque chose d'imposé de l'extérieur, comme une attaque par une entité, les professionnels de la médecine et le public ont appris à penser à la causalité en termes de microbes, virus et parasites ; à la résistance, en tant que capacité de l'organisme à mobiliser ses phagocytes pour vaincre ou repousser un envahisseur ou mobiliser ses antitoxines pour neutraliser les toxines dues à l'activité microbienne ; au traitement, en termes d'antagonistes, antidotes, antitoxines. Ils emploient le terme de toxémie, mais ce qu'ils désignent par ce terme est l'empoisonnement par une activité microbienne. Pas de microbes, pas de toxémie, est leur opinion générale.

Notre concept de la toxémie est fondamentalement différent de celui qui est défini par la profession médicale. Pour nous la toxémie est le résultat de l'accumulation dans le sang, la lymphe et les tissus, de déchets métaboliques non éliminés. Il s'agit d'un état auto-généré, la toxine étant normalement produite par les activités habituelles et nécessaires de la vie. Les toxines s'accumulent en conséquence d'une excrétion inhibée (défaillance de l'élimination). Nous considérons simplement que toute influence, qu'elle soit physique ou mentale, ayant pour résultat une dépense excessive de l'énergie nerveuse, conduit à la toxémie. Cela signifie que les causes principales de l'énervation résident dans les habitudes volontaires de l'individu.

Que signifie le terme « énervation » ?

Il signifie une diminution de l'énergie nerveuse qui suffit à interférer avec, ou diminuer les activités organiques du corps. Le système nerveux commande et contrôle les fonctions des nombreux et divers organes de la sécrétion corporelle, de l'excrétion, de la circulation, de la digestion, de la respiration, de l'absorption, etc.. Le terme « énervation » désigne donc simplement l'abaissement de la capacité du système nerveux à un niveau ne permettant pas de maintenir une activité physiologique normale.

Du fait que l'homme de la vie civilisée ne possède pas une parfaite santé, nous considérons que tout le monde est plus ou moins fatigué nerveusement, donc plus ou moins toxémique. Cet affaiblissement de la capacité de l'organisme à fonctionner à un haut niveau physiologique est ce que nous appelons une résistance affaiblie ou brisée. Mais nous avons un concept différent de l'objet de cette résistance. Nous résistons à la chaleur, au froid, aux poisons, à la fatigue et autres influences nocives. Quand notre énergie est basse au point que notre résistance au froid, par exemple, n'est plus suffisante, l'exposition à une tension forte et prolongée liée au froid a pour conséquence un amoindrissement de la fonction d'excrétion qui suffit à causer une augmentation soudaine de la charge toxique de l'organisme, provoquant ainsi une crise.

Une accumulation progressive de déchets (toxines) se produit quand l'énergie nerveuse de l'organisme est continuellement sollicitée par diverses activités, tensions et exigences de la vie qui empêchent le maintien d'une élimination complète. Ces déchets accumulés constituent ce que nous entendons par toxémie. Cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas d'autres sources d'intoxication (telles que l'empoisonnement par les drogues, les toxines absorbées lors des processus de décomposition survenant dans l'intestin, etc.) mais nous préférons différencier les poisons d'origine endogène des poisons d'origine exogène, en appelant les uns la toxémie et les autres l'empoisonnement.

Toute source d'empoisonnement cause la souffrance et la maladie, de sorte que nous avons aussi défini la toxémie comme la présence dans les fluides et tissus de toxines provenant de n'importe quelle source. L'empoisonnement par le tabac cause la maladie ; maladie aiguë quand le tabac est consommé pour la première fois, maladie chronique une fois que la tolérance est installée. Les mêmes faits se vérifient avec tous les poisons. Les bactéries produisent des toxines par leur activité, mais elles sont complètement inoffensives dans un organisme en bonne santé. L'organisme doit être affaibli et toxémique pour que les bactéries puissent s'y établir et s'y développer. Cela signifie que nous devons d'abord être malade pour que les bactéries puissent ajouter une toxémie constituant une complication, et peut-être une différenciation, à l'intoxication initiale ou métabolique.

Il convient de garder à l'esprit qu'il ne peut y avoir de toxémie, telle que nous l'avons définie ici, qui ne soit précédée d'une élimination inhibée, et que cela est dû à l'affaiblissement de la force de fonctionnement, ou énervation. L'ordre des évènements (séquence) dans l'évolution de la cause est le suivant : habitudes de l'esprit et de l'organisme et influences externes qui emploient davantage d'énergie nerveuse que l'organisme ne peut en régénérer pendant les heures dédiées au repos, énervation, sécrétion et excrétion inhibées (en fait affaiblissement de la force de fonctionnement en général), rétention et accumulation des déchets corporels, toxémie. En dernière analyse, la toxémie est le résultat de la fatigue du système nerveux à un degré suffisant pour amoindrir la puissance des fonctions vitales et invalider l'effort de maintenir un fonctionnement normal.

Si nous pouvons parler d'une toxémie d'absorption survenant de la décomposition gastro-intestinale ou d'un abcès, ou si nous pouvons parler d'une toxémie résultant d'une forte tension émotionnelle ou d'une profonde fatigue physique, en dernière analyse ce sont les résultats de l'énervation. Une intoxication (par l'alcool, les narcotiques, le tabac, etc.) peut survenir même chez des personnes en parfaite santé, si des poisons sont volontairement introduits dans le corps, mais dans notre réflexion faisons bien la différence entre ce type d'empoisonnement et la toxémie résultant des habitudes de vie et des influences extérieures qui amoindrissent l'énergie nerveuse ; tout en gardant à l'esprit que le fait de s'adonner à des habitudes empoisonnantes ajoute à l'empoisonnement l'influence d'une profonde fatigue nerveuse.

L'énervation peut se développer à partir de toute combinaison possible des pratiques et influences suivantes :
les tensions émotionnelles telles que la peur, le chagrin, l'inquiétude, l'appréhension, l'anxiété, l'empressement, la colère, l'irritabilité, la haine, le ressentiment, la jalousie, l'excès d'ambition conduisant à l'excès de travail (mental ou physique) ; l'excès de dépense physique, l'activité sexuelle excessive, la sensualité, la douleur et le choc, les blessures, la perte de sang, les opérations chirurgicales, les processus de maladie, la toux persistante, la perte de sommeil, le manque de repos et de relaxation, les traitements médicamenteux, les effets de stimulation et d'inhibition des traitements ostéopathiques, chiropratiques, naprapathiques, hydropathiques, électriques, thermaux (chaleur et froid) et autres traitements similaires, l'effort digestif causé par l'excès de nourriture, les mauvaises combinaisons alimentaires, les condiments, le fait de boire pendant les repas ; l'exposition au froid et à l'humidité, l'exposition à la chaleur et à l'humidité ; l'effort visuel, les malpositions dans toutes les parties du corps ; le manque d'exercice, d'air frais, de chaleur et de confort, le manque de propreté, le manque de lumière du jour, la nourriture inappropriée ; en résumé, ce sont les excès et insuffisances universels dont se rend coupable l'être humain et les traitements dont sont accablés les malades qui constituent les causes d'énervation les plus communes.

Une autre grande source d'énervation est l'habitude presque universelle de s'adonner aux poisons de tous types, parmi lesquels les boissons alcoolisées et non alcoolisées, le tabac (à fumer et à mâcher), la mastication du bétel, la consommation d'arsenic, la consommation de thé ou de café, l'usage de narcotiques et autres drogues, les poisons absorbés depuis le tube intestinal, les poisons chimiques et bactériens ingérés par la bouche, les poumons, les muqueuses ou administrés par injection. Les empoisonnements de toute nature et provenant de toutes les sources causent une perte d'énergie nerveuse pour résister au poison et le rejeter. La toxémie, une fois qu'elle est installée, cause une perte d'énergie nerveuse dépensée en activités pour résister aux toxines et les rejeter.

Il est ainsi observé que l'énervation a pour résultat la toxémie, que la toxémie augmente l'énervation, augmentant donc la toxémie ; que l'énervation a pour conséquence un recours à des calmants et stimulants fatigants pour soulager l'inconfort, et que l'énervation fait donc appel à des moyens de soulagement qui fatiguent encore plus. La personne se retrouve en peu de temps dans un complexe de cercles vicieux dont elle ne voit pas comment s'échapper. Plus elle recourt aux traitements, plus sa fatigue nerveuse est grande. Plus sa fatigue nerveuse est grande, plus grande est sa toxémie et plus la personne pense qu'elle a besoin d'un traitement. Plus elle se fouette de stimulants, plus elle est faible et plus elle recourt à la stimulation.

Comment rompre ce complexe de cercles vicieux ?

Certainement pas en recourant à des traitements plus fatigants ou au vandalisme chirurgical, ou encore en continuant sur le même chemin. Un changement de style de vie radical, révolutionnaire, est la seule voie de sortie. Chaque cause de l'énervation doit être abandonnée ou corrigée. Chaque mauvaise habitude de l'esprit ou du corps doit être abandonnée et remplacée par de bonnes habitudes de vie. Aucune méthode n'impliquant pas un changement de style de vie radical ne permettra à l'homme ou à la femme d'évoluer vers un état de bonne santé.

Un nettoyage est de rigueur. Les toxines doivent être éliminées. Cela ne doit pas être accompli au moyen des méthodes artificielles et invasives qui sont employées depuis des siècles par les cultes guérisseurs, et dont le résultat est de produire une plus grande énervation sans parvenir à assurer l'élimination des toxines. L'organisme possède ses propres épurateurs sanguins, et ces derniers feront leur travail si l'opportunité leur en est donnée et s'ils bénéficient de la force nécessaire à leur fonction.

D'où peut provenir cette force, dans un organisme déjà profondément fatigué ?

Elle ne peut venir que des ressources que possède la personne ; c'est-à-dire, en mettant fin à toute dépense inutile. L'énergie économisée sur une activité est rendue disponible pour d'autres activités. C'est la raison pour laquelle le repos physique et mental résulte en une augmentation immédiate de l'excrétion.

Il est également important de penser à arrêter l'absorption de substances toxiques, que ce soit par le tube digestif ou par l'usage des drogues. Un tube digestif vide et la rupture de toutes les habitudes liées aux drogues permettent à l'organisme de se libérer lui-même des poisons déjà accumulés. L'erreur fondamentale de tous les systèmes guérisseurs réside dans leur effort pour forcer l'organisme malade à agir conformément à la manière dont les praticien estiment qu'il doit agir, ignorant toutes études et observations sur la manière dont il est constitué pour agir. Ils essaient d'obliger l'organisme malade à agir comme s'il était en bonne santé et chacun de leurs efforts cause une plus grande souffrance.

Hygienic Review
Vol. XXV August, 1964 No. 12
Énervation et toxémie
Herbert M. Shelton
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